Le
pape y fit transporter des ossements de martyrs provenant
des catacombes et, le 13 mai 609, il consacra ce monument
qui devint ainsi une église dédiée
à Sainte Marie aux Martyrs.
Tous
les ans, le 13 mai, on célébrait l’anniversaire
de la consécration de cette église. Les
Chrétiens venaient très nombreux assister
à cette fête en l’honneur des martyrs
et de « tous les saints ». En ce lieu, le
culte de tous les saints avait symboliquement succédé
au culte de tous les dieux.
Mais,
au IXème siècle, dans certaines Églises
d’Occident (Gaule, Irlande, Angleterre, Bavière),
on célébrait la fête de tous les saints
le 1er novembre. A cette époque, il ne faut jamais
l’oublier, chaque Église avait ses usages
liturgiques propres : c’est seulement à partir
du XVIème siècle que l’Église
de Rome réglementera la liturgie pour toutes les
Églises d’Occident.
L’Église
de Rome elle-même adopta la fête du 1er novembre.
En effet, beaucoup de pèlerins venaient à
Rome pour la fête du 13 mai et à cette époque
de l’année, le ravitaillement était
difficile puisque les moissons n’avaient évidemment
pas encore eu lieu. Il était plus facile de procurer
de la nourriture aux pèlerins au début de
novembre.
C’est
ainsi qu’à Rome la fête de la Toussaint
passa du 13 mai au 1er novembre. Et, peu à peu,
toutes les Églises occidentales adoptèrent
cette date.
Quant
aux Églises Orthodoxes, toujours attachées
très fidèlement aux traditions des premiers
siècles, elles continuent à célébrer
la fête de tous les saints le dimanche qui suit
la Pentecôte.
2
novembre : commémoration de tous les fidèles
défunts
Au
Moyen Âge, on prit l’habitude, dans les monastères,
de célébrer chaque année la commémoraison
de tous les défunts de la communauté. La
date était variable selon les monastères.
Saint
Odilon, abbé de Cluny de 994 à 1049, fixa,
pour son monastère, cette commémoraison
au lendemain de la fête de la Toussaint, c’est
à dire au 2 novembre : ainsi, après avoir
fêté tous les saints, on priait le lendemain
pour tous les défunts.
Cet
usage du monastère de Cluny se répandit
d’abord dans les Églises de Gaule et d’Angleterre,
puis, au XIIème siècle, dans certains diocèses
d’Italie. L’Église de Rome, elle-même,
adopta au XIVème siècle cette fête
du 2 novembre qui se répandit ensuite dans tout
l’Occident.
Dans
le calendrier de nos frères orthodoxes, on ne trouve
pas un jour unique pour la commémoraison des défunts
: cette commémoraison se fait plusieurs fois au
cours de l’année liturgique.
La
Toussaint souvent considérée – à
tort - comme le jour des défunts
Il
est clair que le climat de la célébration
du 2 novembre (prière d’intercession pour
les défunts) est très différent de
celui de la fête du 1er novembre (participation
à la joie des saints). Si les ornements sont de
couleur violette le 2 novembre, ils sont de couleur blanche
le 1er.
Mais,
comme la fête du 1er novembre est un jour férié
(alors que le 2 novembre ne l’est pas), c’est
le 1er novembre que beaucoup de gens vont au cimetière
et cela les conduit à penser que ce 1er novembre
est la commémoraison des défunts.
Certes,
rien n’interdit de prier pour les défunts
le 1er novembre, mais, ce jour-là, il faudrait
aussi savoir lever les yeux vers le ciel et se réjouir
de voir les saints y chanter, dans la joie, la louange
de Dieu.
Des
chrysanthèmes pour la Toussaint
Auparavant,
la tradition consistait à allumer une bougie sur
la tombe des défunts. Aujourd'hui, le chrysanthème,
plante venue du japon, a pris le relais : signe d'immortalité,
il apporte de la couleur dans les cimetières |