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Parler de ce texte… (les Disciples d’Emmaüs)
et peut-être en parler avec les évènements
qui viennent de se passer et que nul ne peut ignorer…
Pour
certains il dit le sens de l’Eucharistie : L’homme
a besoin d’un ressourcement, même plus d’un
éclairage. En prenant le risque de rencontrer l’autre,
il peut être comme enseigné par la mémoire,
que nous appelons la parole. Par le partage du pain, il est nourri
et il comprend le signe. Cela lui donne des ailes, et il se transforme
en messager. Voilà une manière de redire le texte.
Un
premier point est-ce que je prends le risque de rencontrer
et par cette rencontre, d’être déplacé
?
L’enseignement
peut être reçu par des voies multiples. Il est celui
de la Bible, il est « en direct » celui de Jésus
ou de Dieu en nous. Il est aussi celui des événements
privés ou de notre monde.
Fondamentalement,
ce texte nous invite à nous rappeler qu’il nous faut
accepter de nous laisser enseigner, transformer, toucher, interpeller.
Comment sommes-nous presque renseignées (c’est de
l’ordre de l’intelligence, de la compréhension,
et il y a toujours de choses que nous ne comprenons pas), comment
sommes-nous déplacés, c’est à dire
non sertis sur nos positions qui risquent toujours de devenir
idéologiques ou autarciques.
Pour
cela il nous faut accepter, même désirer, d’être
ouvert. Ces disciples qui marchent pourraient être fermés
comme des huîtres, fermés par leur tristesse, fermés
par leur certitude, certitude que tout est terminé. Malgré
cela, ils acceptent d’entrer en relation avec le seul qui
à Jérusalem n’a rien vu ni entendu !
Alors
bien sûr on a beau jeu de dire c’est Jésus
qui marchait avec eux. Ou bien il faut prendre le risque de dire
que Jésus marche bien souvent avec nous. Mais sommes-nous
ouverts pour l’accueillir et l’écouter.
Tout
ceci est le versant sérieux de l’histoire du curé
qui met sa confiance en Dieu seul et qui s’enfonce inéluctablement
dans les sables mouvants, refusant tout aide extérieure.
Par trois fois les pompiers passent, et il les refuse car «
Dieu le sauvera ». Et quand il est face à Dieu, lui
reprochant de ne pas l’avoir sauvé, Il lui répond
: trois fois je suis passé, trois fois tu m’as refusé
mon aide.
C’est
aussi là que je dirai quelques mots sur l’homme Karol
Wojtyla et la place qu’il a tenue dans le monde.
Dans
la gestion des évènements, il peut y avoir beaucoup
d’ambiguïté de sensibilité ou de sensiblerie,
avec en plus quelques problèmes théologiques (saint
Père, souverain, pontife, représentant de Dieu)
et de médiations (effacement des intermédiaires
ou renforcement de l’image papale), mais quand même,
il a des choses qui ont changé et que l’on lui doit,
au moins un peu.
Le
temps d’une messe il n’y avait plus de conflit entre
les vieux et les jeunes. Les jeunes étaient même
présents dans la liturgie et dans leur uniforme. C’était
bien aussi l’homme de conviction et l’homme de Dieu
qu’ils honoraient. Il n’y avait plus, le temps d’un
deuil, le monde religieux et le monde civil. Il n’y avait
plus l’image de cette Eglise rejetée, inaudible comme
à Pékin lors de la rencontre des femmes. Il n’y
avait plus le monde des grands et des petits.
Il
y avait aussi dans ces foules quelque chose qui m’aidera,
dans la prière, à voir comment les foules allaient
vers Jésus.Tout cela pour se laisser enseigner….
En
écoutant le récit de la Pentecôte et le discours
de Pierre, nous avons aussi entendu un modèle d’enseignement
datant de 20 siècles ou un peu moins. S’il m’est
un peu étrange, je sais aussi qu’il me revient, comme
à chacun d’entre nous, de l’actualiser ou plutôt
de le créer aujourd’hui, avec les mots d’aujourd’hui
et pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui.
Le
second thème à développer serait
celui des ailes qui naissent à la rencontre de Dieu, et
renvoient dans le monde et vers les frères (donc aussi
les sœurs). Si nous sommes fatigués, si nous sommes
en veilleuse, peut être faut-il demander cette flamme qui
fait se lever, au delà des jambes fatiguées, qui
fait repartir, y compris pour ceux d’Emmaüs, pour parcourir
en sens inverse un chemin dangereux dans la nuit.
Il
nous revient de nous laisser enseigner et nourrir pour devenir
toujours plus des hommes et des femmes de cœur et d’écoute,
des hommes et des femmes habités et nourris par Dieu.
Oui
si vraiment le Christ est ressuscité, il y a une révolution
en cours… Mais il est toujours difficile de gérer
dans l’ordre une révolution…. Il revient à
chaque génération de le faire.
Parole
à l’assemblée
(FXB)
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